23/04/2012

Revue de presse .

“ On a rattrapé Philippe Gilbert ”

n.c.

Dans la voiture de la formation Lotto-Belisol pour la reconnaissance de la Doyenne

Une reconnaissance de Liège-Bastogne-Liège pour un pro, c’est comme un buteur qui fait le tour d’un terrain de foot pour s’assurer que les cages n’ont pas pris la poudre d’escampette la veille. Anodin? Absolument pas. Incontournable tradition et mise en confiance, certainement. Ce n’est pas que, des fois, la Redoute pourrait se passer sur la grande plaque mais ces quelques bornes permettent aux coureurs de s’imprégner de cette atmosphère si particulière qui règne sur les monuments.

Pour preuve, toutes les formations se farcissaient plusieurs bornes sur le tracé ce vendredi. Lotto, comme BMC, avait décidé de débuter à Spa. “ Movistar part de Vielsalm mais c’est trop long. On sort de la Flèche... ”, glisse Jelle Vanendert avant d’enfourcher sa monture. Au programme, les soixante derniers kilomètres et leur concentré de pourcentages comme l’Ardenne sait si bien les servir. “ Le parcours est toujours pareil ”, confie Herman Frison, le directeur sportif de l’équipe belge, au volant de l’un des deux véhicules griffés Lotto. “ Mais ça permet de tourner les jambes et de prendre ses marques.

Alors que le groupe montait au train les premières difficultés du jour que sont le Maquisard et le Mont Theux, écœurant à l’occasion quelques cyclos, les choses prenaient une autre tournure une fois la Redoute annoncée. “ Je leur dis toujours d’y aller tranquillement mais ils veulent se tester, c’est toujours comme ça ”, lance, comme une prédiction, le Belge à l’entame de la mythique grimpette. Et Jelle Vanendert ne se faisait pas prier pour descendre dans les dents. Quelques mètres d’avance au plus fort de la pente avant de se rasseoir, tranquillement. “ Il est à 100 %... La victoire, il peut la glaner, c’est presque évident.

80 km/h au compteur

Regroupée, la meute avale le Hornay sans transpirer avant de piquer grande plaque vers la Roche aux Faucons. Dans la voiture, le compteur affiche 80 km/h... “ C’est l’endroit clé de la course ”, poursuit Herman Frison. “ Objectif, y arriver avec le plus d’équipiers possible car c’est là que ça va exploser. Il faut attendre le final. Stockeu, c’est bien trop tôt. Ce qui compte, c’est d’être premier à Ans, pas à Wanne...

Dès les premiers hectomètres de la terrible grimpée, Vanendert remettait le couvert. “ Il est bien, là ”, confirme Frison en regardant son visage. “ Je le vois à la couleur de sa peau (sic) mais pas seulement. Il est au top... L’idéal, ce serait un petit groupe de 6 ou 7 où ça se regarde...Et Jelle part tout seul ”, sourit l’ancien coureur.

van den broeck, le joker

Derrière, Jurgen Van den Broeck y va également de sa salve. “ C’est notre joker... ” Un joker qui se faisait une fameuse frousse avant Saint Nicolas. Distrait, un livreur de pizza l’envoyait tâter du macadam. Quelques contusions et un ou deux jurons plus tard, le groupe se présente dans la bosse des Italiens. Gilbert et les siens, partis dix minutes plus tôt, pointaient à quelques encablures. Pied dans le phare ou, plutôt, sur les pédales, les Lotto grimpent au taquet. “ Là, ça roule ”, glisse Jean-Pierre Christians, mécano de son état, alors que Jurgen passe en tirant la langue pour amuser la galerie. Le groupe explose alors. Les cyclistes du dimanche assistent, bien impuissants, à la démonstration. Une fois encore, Jelle mène la danse. Et il le fera jusqu’à Ans. Là il rattrape, avec le reste de son équipe, les BMC d’un certain Philippe Gilbert. “ On a battu Gilbert ”, s’esclaffe Frison. “ Ils partent dix minutes avant nous et voilà le résultat... ” Et de conclure: “ C’est un signe ça... (rires) ”

(lameuse.be)

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